Bien souvent c’est trois termes ne sont pas toujours utilisés à bonne escient. En réalité ils recouvrent 3 notions différentes avec chacune leurs spécificités, mais ils ont en commun la particularité de ne déclencher une réaction dans notre organisme uniquement quand il y a un contact avec une substance étrangère.

L’allergie alimentaire :

Elle se reconnait facilement. En effet dès que nous ingérons l’allergène (la substance étrangère qui provoque une réaction allergique), nous allons développer une réaction qui peut être violente et dont les manifestations sont connues, c’est une réaction rapide. Plus nous serons au contact et plus la réaction va augmenter, car il faut en premier être sensibilisé à un allergène et c’est le deuxième contact qui provoquera la réaction de fabriquer des anticorps en trop grande quantité. Sans être alimentaire, nous avons Coluche dans le film banzaï qui l’illustre très bien. Néanmoins il faut savoir que cela peut aller jusqu’au choc anaphylactique qui est une réaction inflammatoire tellement puissante qu’elle peut provoquer le décès ! Les allergènes sont très nombreux et variés :

  • Les piqûres d’insectes, dont les guêpes ;
  • Les poils de chat ;
  • Les acariens de nos literies ;
  • Côté alimentaire, la farine, les fraises… La classification est souvent la suivante :
    • Produits laitiers ;
    • Fruits ;
    • Arachides ;
    • Poissons ;
    • Œufs.

D’un point de vue biologique, les anticorps sont des IgE (Immunoglobulines E), et vont libérer des facteurs de l’inflammation, dont l’histamine. L’intérêt d’un dosage d’IgE est de pouvoir déterminer l’allergène. En effet il y a une réaction in vitro, en laboratoire, quand on met en contact les anticorps avec les antigènes correspondants. La recherche peut être longue et non concluante en raison de la très grande variété des allergènes qui ne cesse d’augmenter.

En pratique, il est souvent observé des réactions croisées, par exemple aux poils de chat et à l’œuf. Il faut noter aussi que nous avons des conventions de langages : l’allergie aux poils de chat est en fait une allergie à une protéine, la Fel d1, produite par les glandes salivaires et la peau des félins, mais pas directement le poil. Et il existe 8 Fel différentes, la d1 étant la plus allergisante.

Concernant l’hypersensibilité et les intolérances, de nombreuses publications se contredisent. Néanmoins, la différence se retrouve dans le type de réponse de l’organisme. L’hypersensibilité donne une réponse immunitaire, l’intolérance est essentiellement un problème d’enzyme. Pour les symptômes, dans les deux cas ils sont très généraux et non spécifiques, comme malheureusement très souvent dans les troubles digestifs.

L’hypersensibilité alimentaire :

C’est une activation anormale de notre système immunitaire vis-à-vis d’un aliment ou d’une partie d’un aliment. Le corps se sensibilise lentement contre certains aliments et fabrique des anticorps « mémoires » les IgG et/ou des IgA. Les symptômes arrivent plus tard et non immédiatement comme avec les allergies. Ils ont lieu de quelques heures à plusieurs jours, d’où la complexité a les identifier. De plus ils sont très variés : des ballonnements, des constipation/diarrhées, mais aussi des sinusites, de l’eczéma, des migraines, de l’arthrite… L’aliment n’est pas digéré totalement et, la muqueuse intestinale qui est poreuse avec un microbiote perturbé, laisse passée des fragments qui vont provoquer la réaction immunitaire non appropriée. L’hypersensibilité demande donc ces 3 conditions :

  • Aliments non digérés ;
  • Intestin poreux ;
  • Microbiote perturbé.

Régler le problème d’une hypersensibilité nécessitera donc un travail sur ces 3 points.

Le cas particulier du gluten. On parle en général d’hypersensibilité au gluten, encore nommé maladie cœliaque (prononcer céliaque) ou entéropathie inflammatoire chronique auto-immune provoqué par l’ingestion de la gliadine. C’est un sujet à polémique dans le domaine médical car le gluten peut provoquer à la fois différentes réactions : une maladie auto-immune inflammatoire au niveau de l’intestin, une allergie au blé avec production d’IgE, mais aussi des difficultés stomacales en raison de sa structure chimique en « glu ». On estime qu’environ 15% de la population a une problématique avec le gluten…

L’intolérance alimentaire :

C’est un problème digestif par rapport à un composé alimentaire mais qui ne fait pas intervenir le système immunitaire. La plus connue est celle du lactose qui est en fait une non-absorption au niveau de l’intestin par absence de l’enzyme, la lactase, qui permet de le digérer. Cependant, de même que pour l’hypersensibilité, les symptômes ne sont pas significatifs comme des ballonnements, des douleurs… ce qui fait que nous ne sommes pas réellement plus avancés. Mais, en théorie, prendre de la lactase sous forme de complément alimentaire améliorerait la digestion du lactose.

Un point à soulever avec le lactose, nous pouvons le retrouver partout. Dans l’alimentation mais aussi dans des médicaments. Il faut savoir qu’il peut être présent comme enrobant et que cette différence peut se retrouver entre un générique et sa formule d’origine. Donc il faut surveiller consciencieusement toutes les étiquettes avec une telle intolérance.

De plus, il existe d’autres intolérances que celle au lactose : le fructose, les conservateurs, les additifs alimentaires, au gluten non cœliaque, les graisses alimentaires… mais à ce jour le sujet est très controversé et pour le fructose, qui est moins connue, 80% de la population seraient touchés, mais toujours avec une notion de quantité à prendre en compte.

Au niveau des symptômes entre hypersensibilité et intolérance, la frontière est assez restreinte mais importante néanmoins. La différence au quotidien et d’un point de vue pratique se fera dans la possibilité de réinsertion de l’aliment. L’hypersensible pourra réintroduire après un certain temps, mais c’est malheureusement souvent impossible pour l’intolérant qui ne possède pas les enzymes nécessaires.

Quelques chiffres pour mesurer l’ampleur de ces 3 affections :

  • 1% de la population présente une maladie cœliaque ;
  • 3% présentent des allergies alimentaires ;
  • Mais environ 35% de la population se plaint de sensibilités ou d’intolérances à des aliments.

Alors que faire si je suis allergique, hypersensible ou intolérant à un aliment ?

En premier il faut identifier au mieux le ou les aliments responsables, et ensuite, il faut les exclure. Pour y arriver, une diète d’exclusion doit être mise en place. Au démarrage deux grandes options sont à choisir :

  • L’exclusion sévère et stricte avec un retrait de tout ce qui peut provoquer un trouble ;
  • Une solution plus modérée où les suppressions sont progressives.

Les 2 ont des avantages et des inconvénients, il s’agit d’un choix à discuter en amont qui est fonction, bien sûr, des problèmes initiaux.

Mais dans tous les cas les diètes d’exclusion sont temporaires car elles provoquent immanquablement des carences alimentaires. Il faut donc suivre une complémentation adaptées.

En second, il faudra effectuer une prise charge de l’hyper perméabilité intestinale, et suivre avec la restauration du microbiote. Seulement après une réintroduction est à envisager en dosant les quantités. Ce protocole demande en général un minimum de 6 mois

Mes sources d’informations complémentaires :

https://www.futura-sciences.com/sante/definitions/medecine-immunoglobuline-2431/

https://www.fmcgastro.org/postu-main/postu-2013-paris/textes-postu-2013-paris/allergie-et-intolerance-alimentaire-chez-ladulte/

https://www.revmed.ch/RMS/2005/RMS-15/30312

https://www.passeportsante.net/fr/Maux/analyses-medicales/Fiche.aspx?doc=analyse-immunoglobulines-sang

http://www.chu-rouen.fr/page/hypersensibilite-alimentaire

https://www.revmed.ch/RMS/2014/RMS-N-426/Allergie-ou-intolerance-alimentaire