Derrière ces grands termes se cachent deux grandes maladies :

La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse, aussi appelée Recto Colite Hémorragique RCH

Deux autres pathologiques, l’infection à Clostridium difficile et la maladie cœliaque, qui, même s’il y a présence d’une réaction immunitaire, seront traitées séparément en raison de leur spécificité.

Qu’est-ce qu’une réaction inflammatoire ?

La réaction inflammatoire est un système que notre organisme met en place lors d’une agression quelconque. Le grand jeu perpétuel est « la reconnaissance du soi ». Il s’agit de l’ensemble de nos cellules en état de bon fonctionnement, tout le reste n’étant pas considéré par le corps comme nous appartenant, doit être détruit. Cette destruction va concerner, en permanence, les cellules vieillissantes, mais aussi les bactéries, les virus, les champignons, ainsi que des fragments d’aliments pouvant traverser la paroi de l’intestin, la salive d’un moustique…

Schématiquement le mécanisme qui se met en place concerne la production d’anticorps dirigés avec plus ou moins de spécificité vers la particule étrangère. Il peut alors y avoir des rougeurs et des échauffements, puis d’autres symptômes variés.

Quelles sont les causes  des MICI ?

Des recherches sont effectuées mais les causes, à ce jour, ne sont pas bien définies. L’hypothèse actuelle serait une anomalie de la réaction immunitaire aux bactéries habituelles de l’intestin. Elle entraînerait une modification de la barrière épithéliale (les cellules de la paroi de l’intestin), et provoquerait une malabsorption avec un passage de molécules pro-inflammatoires comme les bactéries, et les fragments alimentaires.

Cependant à la question « pourquoi une réaction immunitaire inappropriée démarre subitement ? », aucune réponse scientifique n’est apportée. Les suppositions sont aux niveaux des facteurs génétiques, auto-immuns et environnementaux.

Tous les âges sont touchés, mais une prédominance importante pour les 20 / 30 ans est notable.

Nous pouvons les classer dans les maladies de civilisation. En effet nous les retrouvons essentiellement dans les pays industrialisés, ou dont l’industrialisation est en forte augmentation. Environ 200 000 personnes en France seraient atteintes dont 35% avec des formes sévères.

Quelles sont les symptômes des MICI ?

Comme souvent ils ne sont pas particulièrement précis et sont, de plus, variables suivant la région touchée, et le type de maladie. Pour Crohn, les douleurs peuvent se situer entre la bouche et l’anus, pour la RCH, elles se situent dans la région rectum/côlon avec présence de diarrhées sanglantes éventuellement.

D’une manière générale les principaux troubles sont :

  • Des douleurs abdominales, anales,
  • L’installation d’une diarrhée chronique,
  • Un appétit diminué qui entraîne une perte de poids,
  • Du sang dans les selles, parfois en quantité importante (hémorragies),
  • Des glaires dans les selles (mucus épais ayant la consistance d’un blanc d’œuf),
  • De la fièvre, des nausées et des vomissements,
  • Des douleurs articulaires…

C’est le caractère chronique et l’importance des flux qui, en général, déclenchent des consultations.

Attention si les épisodes diarrhéiques sont de longue durée, il faut surveiller la perte de poids, la malnutrition avec l’apparition des carences alimentaires : minéraux Fer, Zinc, Sélénium ; vitamines B12, D…

D’autres parties du corps peuvent être touchées : les articulations, les yeux, la bouche, le foie, la vésicule biliaire, la peau…

Quels examens pratiqués en cas de MICI ?

L’examen des selles avec coproculture. Les buts sont multiples : identification des germes et recherche de sang. Attention si des hémorroïdes sont présentes, ce qui est très souvent le cas, des faux positifs pour la RCH sont possibles.

L’endoscopie avec biopsie : on introduit un tube par les voies naturelles, l’anus, dans le côlon, avec caméra pour visualiser l’état de la paroi et réaliser des prélèvements de cellules.

L’intérêt est de pouvoir retirer, par exemple, les infections bactériennes ou parasitaires. Attention la prise d’antibiotiques peut amener des faux négatifs, de plus les techniques actuelles ne sont pas forcément suffisantes pour déterminer les bactéries responsables mais aussi pour quantifier les bactéries opportunistes. Occupantes normales de nos intestins, elles se mettent à pulluler de façon anarchique pour des raisons difficiles à déterminer.

Lors des examens pratiqués, il est judicieux de rechercher aussi une colite ischémique qui est une lésion de la paroi du côlon souvent chez les personnes âgées, ainsi que de réaliser un dépistage possible des MST : gonorrhée, Herpès, Chlamydia.

Quels sont les traitements conventionnels ?

Les médicaments utilisés sont de plus en plus spécifiques :

Aminosalicylates : anti inflammatoires mais leur efficacité n’est pas prouvée.

Les corticoïdes : anti inflammatoires stéroïdiens avec des effets secondaires connus comme, risques infectieux, syndrome métabolique, musculaire, cardiovasculaire…

Les immuno modulateurs : pour modifier la réponse immunitaire, avec des effets indésirables, comme les nausées, les vomissements.

Les agents biologiques, les antibiotiques et les probiotiques.

L’alimentation reste un peu de côté car les études sont récentes et contradictoires. Elles ont été réalisées avec différents types de diètes et même si certains patients confirment  une nette amélioration de leur état, l’ensemble des acteurs ne sont pas unanimes vis-à-vis des résultats proposés.

La Maladie de Crohn

La maladie de Crohn est une inflammation chronique du système digestif qui évolue par un cycle de crises et de phases de rémission. Ces périodes peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois et entraîner de la fatigue, une perte de poids et même la malnutrition. Elle peut aussi causer des symptômes qui ne sont pas liés au système digestif comme des problèmes dermatologiques, articulaires et oculaires.

Sa particularité est une atteinte possible de toutes les parties du tube digestif, de la bouche à l’anus, mais on la retrouve le plus souvent à la jonction entre l’intestin grêle et le côlon.

La prédisposition génétique accompagnée de facteurs environnementaux ou liés au style de vie pourrait déclencher spécifiquement cette maladie.

Néanmoins aucun facteur précisément n’a été déterminé.

La colite ulcéreuse

Nommée aussi recto colite hémorragique, en cas de saignement important, elle touche la muqueuse du rectum et peut remonter dans le côlon. Elle est plus présente chez les personnes âgées de 30 à 40 ans par rapport à la maladie de Crohn.

Le stress et les intolérances alimentaires seraient aussi une cause possible de déclenchement des symptômes chez certaines personnes, mais sans certitude à ce jour.

Les symptômes plus spécifiques à la RCH sont les suivants :

Les crampes abdominales douloureuses ont lieu surtout dans le bas du ventre, le sang dans les selles, le besoin urgent de déféquer, même s’il n’y a pas de selles à évacuer (ténesme rectal).

Les complications possibles

En fonction des résultats de la prise en charge, certaines complications sont à envisager :

  • Chez les jeunes enfants, des retards de croissance, de puberté.
  • La paroi du tube digestif pouvant s’épaissir à cause de l’inflammation, un risque d’obstruction plus ou moins totale est possible, ainsi que des phénomènes de dilatation des intestins.
  • Des ulcères, des perforations aux différents endroits provoquent un risque hémorragique.
  • Autour de l’anus des plaies, des fistules ou des abcès se forment.
  • Les risques périphériques sont de développer un cancer du côlon, de l’arthrite, des problèmes dermatologiques, oculaires et rénaux…

Toutes les références sont consultables à la rubrique info