Causée par des levures principalement du genre Candida, ces infections, selon certaines études, seraient présentes dans 60% des troubles digestifs. Elles ne sont pas rares, souvent en association avec d’autres troubles comme un SIBO, mais elles sont aussi chroniques. Un autre terne utilisé, est celui de mycose, car les levures sont des champignons.

Qu’est-ce qu’un Candida ?

Les champignons sont tellement particuliers que dans notre souci de classification, nous les avons séparés de tout le reste : les animaux, les végétaux, les minéraux et à part, les champignons

De toutes tailles, ceux qui nous intéressent sont microscopiques et composés d’une seule cellule. Ils ont néanmoins le privilège d’évoluer sous une forme de réseau filamenteux appelé mycélium. Dans la famille des levures de type Candida, nous trouvons en réalité entre 150 à 200 espèces. Certaines sont totalement inoffensives, alors que d’autres comme le Candida albicans peuvent nous provoquer des maladies, dans certaines conditions.

En effet, dans un état normal, ils sont présents sur nos muqueuses, notre peau, et aussi au niveau de notre microbiote, dans le côlon à l’état naturel. (Petit rappel, l’intestin grêle est quant à lui quasiment stérile, surtout dans la partie haute) Cependant de temps en temps, comme c’est un opportuniste, il va se mettre à devenir envahissant tout en développant son mycélium.

Pourquoi développons-nous une candidose ?

Etant présent en permanence et partout, il profite donc d’un affaiblissement de son environnement. De manière traditionnelle, les candidoses surviennent après des antibiothérapies utilisant un antibactérien, après des infections classiques comme les sinusites, les bronchites…. L’antibactérien va tuer les bactéries, bonnes ou mauvaises et sera sans effet sur les champignons. Il va donc laisser la place libre au développement d’autres espèces, comme les levures. Pour les éliminer, nous devons utiliser des médicaments, ou des plantes, ayant une activité antifongique.

D’autres médicaments, comme les immunosuppresseurs peuvent aussi provoquer un appauvrissement de notre microbiote.

Mais, en règle générale, tout ce qui va nous perturber, avec au premier rang le stress chronique, sera facilitant pour son développement.

Par ailleurs, comme dans tous les troubles digestifs, le volet alimentaire est présent, avec dans cette configuration une alimentation trop riche en sucres et en féculents.

Une combinaison de l’ensemble provoque l’augmentation de la quantité de Candida présent avec une modification sous la forme filamenteuse, qui permet d’adhérer à l’intestin, percer sa paroi et pénétrer dans le sang. Les anglo-saxons donnent comme terme un SIFO (Small Intestinal Fungal Overgrowth) qui est une pullulation fongique de l’intestin grêle, nous provoquant un certain nombre de signes extérieurs.

Quelles sont les symptômes d’une candidose ?

Ils ne sont malheureusement pas tous significatifs :

  • Troubles digestifs généraux ;
  • Constipation ou diarrhées ;
  • Ballonnements importants en raison de la fermentation des sucres ;
  • Envie de sucre compulsive ;
  • Apparition d’intolérances alimentaires ;
  • Fatigue récurrente avec le cerveau embrumé ;
  • Infection à répétition, éruptions cutanées, langue chargée ;
  • Douleurs articulaires ou musculaires ;
  • En gynécologie : vulvite, démangeaison, sécheresse ;

Comme souvent dans ce type d’infection, rien ne peut réellement déterminer avec certitude sauf quand l’invasion est patente. Cependant, si vous avez un SIFO vous avez une grande probabilité d’avoir aussi une infection buccale. De même, en cas de diagnostique d’une mycose vaginale, la présence d’une pullulation au niveau du côlon est à envisager très fortement.

Quelles sont les tests pour diagnostiquer une candidose ?

Un test le matin à jeûne est réalisable. Cracher dans un verre, si vous voyez apparaître des filaments, une infection est envisageable. Cet autotest gratuit et rapide n’a pas de réel valeur, mais il vous donne une indication pas une certitude, il est possible que la présence de filaments provienne d’un reste de mucus.

En analyse de laboratoire, plusieurs possibilités sont à envisager :

  • La coproculture, avec les selles. Elle sera positive car le Candida est un locataire habituel du côlon, et actuellement nous ne sommes pas capables de quantifier sa présence interne à partir de ce type de prélèvement.
  • Le test urinaire n’est pas fait en direct. L’urine étant normalement stérile, il ne sera pas présent, donc la recherche va s’effectuer sur les déchets, les métabolites, que les levures produisent. On recherchera, par exemple la présence d’arabinose (phényle acétate quand on recherche des bactéries) avec un MOU (Métabolites Organiques Urinaires = OAT Organic acid test). Le résultat positif est significatif de la prolifération ; par contre un résultat négatif ne permet pas de conclure.
  • L’hémoculture. A partir d’un prélèvement sanguin, on recherche sa présence par culture sur un milieu approprié (en boite de Pétri). Le sang étant stérile, un résultat positif est là aussi significatif, et de même l’absence ne permet pas de conclure. Dans les phases chroniques, une disparition complète sur ces prélèvements est normale.
  • L’endoscopie est réalisable, mais il faut faire une ponction au niveau du duodénum et du jéjunum, ce qui est très rarement réalisée. En plus de l’aspect peu agréable de cet examen, il provoque des lésions qui ne sont jamais bonnes quand on a déjà un organisme malade, et encore une fois, le résultat négatif ne prouve rien.

De part sa présence naturelle, le diagnostic d’une candidose n’est pas évident dans les cas chroniques et ceux associés à un SIBO par exemple.

Avec internet, il est possible de trouver ces tests assez facilement.

Comment se soigner d’un SIFO ?

Sa présence quotidienne et normale nous complique la tâche et l’éliminer définitivement n’est pas le bon chemin. Aucun consensus d’ailleurs n’existe à ce jour, cependant deux tendances se dessinent :

  1.  L’attaque radicale et frontale qui consiste à :
    1. Tuer le Candida. On réalise le grand ménage avec des antifongiques tout en l’affamant en supprimant les sucres.
    1. Réparer l’intestin par la prise de probiotiques.
    1. Rééquilibrer l’ensemble en gérant le stress et en stimulant l’immunité.

Cette approche classique fonctionne bien quand l’état général de la personne est encore assez bon. Le traitement antifongique et un régime restrictif sont deux actions qui ne sont pas anodines. Dans des cas plus chroniques, anciens ou sur un terrain fatigué, l’approche progressive me semble plus indiquée.

  • L’approche progressive et douce consiste à :
    • Remettre sur pied l’organisme. On soutient l’organisme et on le détoxifie pour retrouver un maximum de forme, en fonction de chaque cas personnel.
    • Améliorer l’état de la digestion et de l’intestin
    • Seulement après, utiliser des plantes antifongiques, à bon escient, pour stopper la prolifération et contrôler la présence.

Je préfère cette méthode qui respecte plus nos corps. Elle est plus efficace dans les cas compliqués tout en évitant les récidives. Par contre elle est plus longue et demande un engagement personnel sur la durée mais aussi sur l’écoute de sa personne car elle nécessite des ajustements.

Et en pratique comment éliminer la candidose ?

Les traitements classiques s’articulent autour de :

La Rifaximine. Au moins à une certaine époque, on donnait ce médicament qui est peu absorbé dans le sang, donc reste présent dans les intestins. En revanche c’est un anti bactérien, pas un antifongique…

Les Fluconazole / Kétoconasole et Nystatine. Antifongiques efficaces, les résultats semblent convenir pour éradication après 3 semaines de traitement.

Les inconvénients de ses solutions sont :

  • Des molécules très fortes provoquant en plus des effets secondaires importants, des dégâts sur l’ensemble du microbiote. Au démarrage il n’est déjà pas en bon état, alors un coup de karcher supplémentaire ?
  • La difficulté de doser. La chimie apporte une molécule efficace mais elle a moins de finesse et de souplesse dans un traitement chronique.

Les solutions antifongiques naturelles par l’utilisation des plantes sont très nombreuses. Nous nous appuierons sur :

  • L’extrait d’ail avec l’allicine
  • La Berbérine de l’Epine-vinette
  • L’aloe vera
  • Le neem
  • Les huiles essentielles de thym, giroflier, origan

Le régime est incontournable, mais il ne doit pas être pas trop restrictif car il risque d’affaiblir. Il faudra éviter, sans supprimer, les sucres, les farines raffinées et les féculents.

On évitera de rajouter des levures en s’abstenant des produits fermentés : bière, alcool, vinaigre, vieux fromage…

Garder une alimentation riche et variée, comme le modèle méditerranéen, reste le plus judicieux, en supprimant définitivement tout contact avec la junk-food.

Les compléments alimentaires seront d’une aide précieuse : des probiotiques comme le Lactobacillus rhamnosus GG qui a démontrer ses capacités pour contrer le Candida, des complexes de vitamine B, la vitamine C, le coenzyme Q10…

La gestion du stress et de l’énergie n’est pas à négliger. Sur le plan personnel il faut trouver des solutions pour gérer son vrai stress, celui du travail avec la course à la montre perpétuelle, les conflits familiaux et ses non-dits. L’énergie est améliorée avec la méditation, la respiration, mais aussi en boostant avec des mélanges de Ginseng, Rhodiole, Ashwagandha…

Le traitement pour être efficace comporte plusieurs phases et durera au minimum 2 mois, voire 3 en fonction de la réaction de chacun. Acteur principal de votre bien-être, vous allez contrôler pour affiner votre traitement surtout dans la période de détoxification. De quoi s’agit-il ?

Et le die off, la réaction d’Herxeimer, qu’est-ce que c’est ?

Quand on réalise un traitement antimicrobien, le fait de tuer des germes va provoquer une libération de toxine dans l’organisme, qui peut se traduire par diverses symptômes : maux de tête, troubles digestifs, fatigue générale…

Sur un traitement assez long, et quand l’hôte indésirable est en grand nombre, il faut surveiller son état pour éventuellement arrêter ou diminuer son traitement. Cet état, normal et logique, est à prendre en considération quand on choisit une approche douce et progressive.

Chacun ayant sa propre tolérance, ces réactions une fois analysés, le traitement est adapté, et si seulement la moitié de la dose est tolérée, il sera juste un peu plus long.

Une candidose n’est pas simple, comme vous venez de le découvrir. Il est important de ne pas brûler les étapes et de s’écouter. Les solutions existent, je vous propose de les utiliser.